Mbaye hamady Niang est sans nul doute l’un des joueurs les plus critiqués de l’effectif d’Aliou Cissé. Le sociétaire du stade Rennais est jusque-là à zéro but marqué pour quatre matchs joués dans cette 32e édition de la coupe d’Afrique des nations. L’attaquant vedette des lions de la Téranga est dans une période de disette sans précédent pour lui en équipe nationale. Ensemble essayons d’analyser les raisons de cette inéfficacité.

Le 4-1-4-1 un système où l’attaquant de pointe est << sacrifié>>

Depuis le début de la compétition le coach Aliou Cissé a opté pour un système de jeu ultra offensif avec ce fameux 4-1-4-1. Mais contrairement à ce que beaucoup pourrait penser ce système tant bien qu’offensif ne met pas en valeur l’attaquant de pointe. Les joueurs de couloir sont les principaux acteurs offensifs dans cette organisation tactique. Ils sont très souvent au départ des contres attaques mais aussi pour la plupart ils les finissent. Ya qu’à voir les butteurs sénégalais dans cette CAN pour le comprendre. Cinq de nos six buts marqués sont l’œuvre de nos joueurs de couloir. Baldé keita Diao contre la Tanzanie, Ismaïla sarr et mané contre le Kenya et mané encore contre l’Ouganda. Soit 83,33% de buts marqués par les hommes de couloirs. Dans ce système l’attaquant de pointe joue dos au jeu et sert de point d’appui pour les deux milieux relayeurs qui peuvent servir les latéraux ou les ailiers. En outre le numéro 9 dans ce système est le premier défenseur. Il sera amené à faire beaucoup de courses notamment dans le pressing haut pour empêcher ou retarder la relance adverse. En plus de ça il doit avoir une palette de jeu assez complète. Il doit être capable de jouer en pivot pour faire des remises dos au but, avoir un bon jeu de tête que ce soit pour les déviations ou les coups de pied arrêtés. Mais surtout il doit avoir un excellent jeu en profondeur pour offrir des possibilités aux milieux de terrain si les joueurs de couloirs sont neutralisés par la défense adverse. Au final dans ce système on demande tout au neuf sauf de marquer. Avec autant d’efforts consentis, c’est très difficile d’avoir la lucidité nécessaire pour être chirurgical devant les buts. Dans le cas du Sénégal mbaye niang est très sollicité par le collectif et au final il n’a plus la lucidité nécessaire pour inscrire des buts. Cependant il n’est pas toujours excusable, notamment contre la Tanzanie où il a eu à maintes reprises la possibilité de déclancher son compteur buteur.

Mbaye niang doit-il perdre sa place de titulaire ?

La question que beaucoup se pose et peut-être de manière légitime. Mais ce qu’il faut savoir c’est que pour évoluer dans ce système ( 4-1-4-1 ) en tant que numéro 9 il faut être un joueur avec des qualités athlétiques et techniques certaines. Comme énoncé en haut l’attaquant évoluant dans ce système doit-être capable de jouer en pivot d’avoir un bon jeu de tête et d’être excellent dans les démarquages en profondeur. Ce que que les autres attaquants en concurrence avec Niang n’ont pas visiblement. Moussa Konaté est un attaquant costaud certes mais il n’est pas un pivot, et à ce que je sache il n’a pas un bon jeu de tête. Mbaye Diagne a l’air athlétiques de par son gabarit, mais n’est pas aussi combatif que Niang. C’est un finisseur qui s’exprime mieux quand l’équipe joue pour lui comme à kasimpasa son ancien club avant le Galatasaray. Au final le système dans lequel nous jouons conditionne le coach à évoluer avec Niang en pointe. Ses concurrents directs ont de belles qualités mais pas celles qui les vaudront une place de titulaire dans ce système.

Au final, le choix de Niang se révèle indiscutable au vu du style de joueur qu’il est. Maintenant c’est à lui de rendre la pareille au coach qui lui fait confiance aveuglément. Espérons que contre le Bénin il retrouve le chemin des buts.

IBRAHIM DIOP